mercredi 30 avril 2014

Dimoné, une expérience paranormale ! 28 avril 2014 au Pan Piper

La première partie est achevée, nous sommes restés sur une note joyeuse grâce à cette découverte enthousiasmante des Brothers (on en parle sur le blog, ici !), et c'est le cœur léger que nous attendons maintenant l'arrivée de Barcella. On commence à froncer les sourcils en voyant des techniciens venir installer des appareils électriques et autres claviers électroniques qui ressemblent si peu à l'univers barcellien. Puis quelqu'un laisse tomber nonchalamment une set list sur la scène, juste sous nos yeux, et là, nous sommes d'abord perplexes. Qu'est-ce que c'est que cette set-list ? 8 titres, c'est plus que ce que viennent de nous offrir les Brothers, et ça ne correspond pas à ce qu'ils ont chanté. Mais, assurément, ce n'est pas non plus la set-list de Barcella. On ne reconnaît aucun titre, et ce n'est juste pas possible qu'il ne nous chante que 8 chansons. L'idée d'une seconde "première partie" commence à s'insinuer en nous, mais on a du mal à y croire... Moi qui n'ai qu'une affinité très limitée pour les "premières parties", ce serait juste un coup de tonnerre dans mon ciel bleu encore baigné du soleil de cette belle surprise quelques minutes plus tôt... Et pourtant, consternés, nous ne pouvons que constater qu'il y aura deux premières parties ce soir avant le grand plongeon dans la douce et folle joie de Barcella !

Deux hommes viennent finir de régler les appareils installés sur scène. L'un d'eux a un style très "rockeur", avec ses cheveux frisés mi-longs et son foulard à pois. L'autre apparaît avec un jean et une veste en cuir, mais son visage paraît strict dans la concentration dont il fait preuve à cet instant, et, pour ma part, je l'imaginerais bien en costume guindé en train de donner des ordres secs à ses domestiques. Les instruments sont réglés, les hommes disparaissent en coulisses. Nous ne le savons pas encore, mais nous nous apprêtons à voir des extra-terrestres, des êtres vivants venus de lointaines contrées intersidérales.

Les deux hommes qui viennent de quitter la scène la réinvestissent presque immédiatement. Le rockeur a quitté son foulard et ses chaussures, et a passé une chemise rouge vif fleurie par endroits, façon cow-boy. L'autre a ouvert sa veste pour laisser apparaître un torse poilu. Ils s'installent, le rockeur assis aux claviers, le poilu à la guitare électrique et au micro. 

Et quand tombent les premières notes, on découvre enfin le secret de la téléportation : nous voilà immédiatement plongés au plein cœur d'une galaxie inconnue !

http://www.dimonelesite.com/

La musique est assourdissante, le micro amplifie la voix à un point tel que l'on peine à entendre les paroles, et voilà un duo pour le moins insolite qui se met en mouvement. J'avoue très franchement avoir été atterrée rien qu'à l'idée de devoir passer 8 chansons - 8 !! - en compagnie de ces étranges producteurs de sons fracassants ! D'ailleurs, je ne suis pas la seule, probablement, car le public, sur le coup, a l'air dubitatif. Nous assistons à cette bizarrerie venue d'ailleurs les bras croisés et l'air songeur ! 

Le cow-boy rockeur est beau, les traits doux, le visage tout en finesse, et comme l'ombre d'une mélancolie latente qui stagne dans son expression, détrônée par le sourire amusé qu'il émet parfois en regardant son drôle de compère. Son partenaire, lui, est juste unique. Incomparable. Il est dans son monde, il joue des airs tonitruants, son corps se désarticule en une danse saugrenue, intuitive, à la fois enfantine, naïve et enthousiaste, il se tortille, se dandine, joue de la guitare à l'envers, utilise soudain son portable sur scène pour faire passer une musique d'accompagnement, saute en tapant du pied, ferme les yeux souvent et longtemps, dit parfois en boucle le nom de la salle : "Pan Piper, Pan Piper, Pan Piper !", et dodeline régulièrement de la tête en un mouvement presque réflexe, comme notre corps qui se cabre parfois dans une convulsion de surprise horrifiée quand on goûte à quelque chose de très acide. Les gens autour de moi, justement, se demandent à quel type d'acide ce personnage-là se shoote. Mais je crois, après coup, que sa seule drogue, ce sont les applaudissements du public, qu'il accueille à chaque fois avec un "ouais !" fervent. Car, oui, il est applaudi. De plus en plus au fur et à mesure de son show. Je crois qu'au-delà de sa musique, le public se laisse séduire peu à peu par cette personnalité complètement déjantée. On aime ou on n'aime pas, mais assurément, Dimoné ne laisse pas indifférent.

Personnellement, je n'ai pas accroché du tout avec son univers musical - en général, je n'aime pas du tout la musique électronique, mais je suis sûre que ceux qui ne sont pas gênés par ce type de sons peuvent beaucoup apprécier ! - mais je salue la performance de showman de cet homme qui sort de l'ordinaire et ne peut pas laisser de marbre.

1 commentaire:

  1. C'était tellement ça ! Pour ma part , je garde aussi en mémoire les pieds nus du cow-boy au clavier
    Gouzinette

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